Jean-Paul Goude, ce grand enfant

Derbys blanches, chaussettes montantes, pantalon bouffant retroussé,
caban militaire, lunettes carrées. Un vrai personnage de BD, la houpette de cheveux forçant le trait (un Tintin contemporain).
Ce personnage existe à travers ses créations. Des créations à l’image de l’homme qui font partie de l’inconscient collectif visuel depuis bientôt 40 ans.
Les petits Kodak au chapeau pointu, les passionaria de l’égoïste de Chanel, le joli oiseau de Paradis du N°5, la Grace Jones animale, Les Galeries Lafayette en folie.
J’ai nommé l’inégalable, l’inclassable, l’original, l’artiste génial, Jean-Paul Goude.
Image
Crédits: Maylis Kervella
Rencontré à l’occasion d’une projection exclusive et exceptionnelle de son documentaire « So Far, So Goude »
(http://vimeo.com/16281844) pour les étudiants de l’Institut Français de la Mode. Un lundi soir au Club de l’Étoile, dans un décor rougeoyant qu’il aurait sans nul doute affectionné pour l’une de ses campagnes de pubs.
Un documentaire donc. Sa vie, son œuvre ? Son œuvre de vie plutôt.
« C’est pas vraiment un métier que je fais (…) Au fond je cherche à être heureux avec moi-même ».
Le conte en images d’un fou de l’image.
Les commentaires de l’homme sur l’artiste passionné. Les commentaires de l’artiste sur la vie de l’homme.
La démonstration émouvante et édifiante d’un destin de vie.
« J’ai la présomption d’être lié à mon enfance et de faire partager cet univers »
Sincérité
Authenticité
Humilité
La clé du succès?
« Je suis un artiste, je pense comme un artiste mais je ne le dis pas trop fort »
Un univers inné, venu de l’enfance passée à l’ombre du rocher du zoo de Vincennes, à 100 mètres du musée des Colonies dans la fascination d’une mère, danseuse américaine de music-hall.
Un goût pour la danse et la comédie(Pina Bausch, Fred Astaire, Vincente Minelli, The Pajama Game), pour le rythme, la musique, le corps en mouvement, les couleurs, les cultures métissées, bref l’optimisme et l’énergie d’un petit lutin sautillant !
Des images qui jouent avec les clichés et qui par une infinie subtilité questionnent la société.
« J’utilise beaucoup les clichés qui font rire ou pas (…) Le but c’est de trouver des métaphores visuelles »
Sa force : une faculté à trouver des inspirations, des inspiratrices… pour se renouveler.
« La femme c’est tout, je n’existe que par rapport à elle et à ce qu’elle pense de moi »
La grâce animale d’une Grace Jones, l’allure franche et décomplexée d’une Farida Khelfa, la sage douceur de sa femme Karen, chacune est devenue un personnage « Goudien » dans l’imaginaire collectif.
Farida lui a insufflé l’idée du film pour l’Égoïste de Chanel grâce à un poème effronté sur une femme au nez coupé. Un drame social qu’il a transposé malicieusement d’un monde à l’autre.
Tel la figure du poète hors du monde, Jean-Paul Goude a ce recul sur la société qui lui permet de raconter ses propres histoires qui, par leur sincérité extrême, deviennent universelles.
Goude ou le pygmalion de l’ère contemporaine.
 

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