Anna Karenina de Joe Wright: Grandeur et décadence

Anna Karenina Soundtrack – Dance scene – Dario Marianelli

Anna Karenina - Keira Knightley
Que d’émotion dans ce post!
Eh oui, je suis une grande romantique et je suis fidèle aussi. Joe Wright et Keira Knightley n’ont eu de cesse d’accompagner mon imaginaire ces dernières années.
3 collaborations, 3 chef-d’oeuvres. Pride&Prejudice, Atonement et Anna Karenina.
Et dans chacun des films, une musique à couper le souffle, une image esthétique qui se laisse regarder comme une oeuvre d’art, et des acteurs humains et beaux dans leur fragilité.
C’est aujourd’hui, mercredi 5 décembre, que sort dans les salles françaises l’adaptation de Joe Wright du roman dramatique de Tolstoï « Anna Karenine ». En un mot: Sublime!
J’ai eu la chance de le voir dès le mois de Septembre, alors de passage à Londres. Un Lundi après-midi, bien installée dans les fauteuils rouges de la salle du Gate Cinema, à Notting Hill, aux allures de théâtre que j’ai tant aimé lorsque j’étais « Londonienne ».
At the Gate Cinema in Notting Hill
Encore une fois, un film envoûtant à l’image léchée qui nous emporte très loin, dans un monde où l’on entend le frottement des robes sur les parquets, où l’on valse frénétiquement dans des grands salons dorés et où le poids des conventions structure encore la société.
Sous ces dorures, sous ses parures, une femme endure les lourds fardeaux de l’honneur et de l’amour. Russie, 19ème siècle. Anna Karenine, très belle jeune femme, épouse d’un haut fonctionnaire du gouvernement, s’éprend d’un jeune officier de cavalerie. Pour le triomphe de cet amour, elle abandonne tout: sa place dans la société russe, son honneur, son fils. Elle aime sans détours, elle donne toute sa vie.
L’adaptation de Joe Wright est tout simplement magistrale et, chose rare pour ce genre de films, étonnante: l’action se déroule dans un théâtre dont les décors changent et glissent au gré de l’histoire. Une fabuleuse rythmique s’en dégage donnant matériellement corps au drame qui se joue sous nos yeux.
Une inspiration tout droit sortie d’une analyse de la société Russe: l’historien Britannique Orlando Figes, dans son livre « Natasha’s Dance » (2002) décrit la haute société de Saint-Pétersbourg vivant sa vie comme si elle était sur scène. J’aime tout particulièrement la phrase en anglais, la voici: « They live their lives like players on a stage ». A l’époque, en effet, la société russe voulait être associée à la culture européenne et tentait d’adopter les codes de la culture française.
Cette petite société russe, Joe Wright l’a imaginée toujours en mouvement à travers des chorégraphies mises en musique, qui scandent l’intrigue et nous entraînent inévitablement vers le drame final.
Les acteurs eux-mêmes sont pris dans ce souffle épique: ils se révèlent, au fur et à mesure que le drame progresse, plus intenses, plus dramatiques, plus fragiles ou, au contraire, plus forts. Keira Knightley, trop minaudante au début du film, explose littéralement au moment où, Anna Karénine, elle choisit sa vie de femme amoureuse et passionnée.
Jude Law, inattendu dans ce rôle de mari « sanctifié » (Karénine), très raide de prime abord, livre avec tact et sensibilité la faiblesse d’un homme trahi et désemparé face aux mystères de l’amour qu’il ne connaissait pas.
Le comte Vronski, symbole de virilité dans le roman, apparaît ici sous les traits d’un tout jeune homme aux boucles blondes et à la moustache fine. Le charme prend instantanément tant le très élégant Aaron-Taylor Johnson sait jouer avec délicatesse sur l’expression des sentiments les plus triviaux. Le désir suggéré n’en devient que plus beau.
Beautés et duretés se côtoient dans ce film. Grandeur et Décadence se frôlent et s’emmêlent. Noirceur de la nature humaine et lumière de l’espoir ne se croisent jamais. Comme cette douceur d’une toilette féminine arrachée par la froideur de l’acier d’un train.Un roman pour signifier que la vie est complexe, que les choix sont déterminants.
Tolstoï est d’une vibrante actualité: l’amour est toujours l’un des plus grands bonheurs et l’un des plus grands malheurs de l’être humain et il le sera jusqu’à la fin des temps.
Grande fresque épique, presque métaphysique, ce film explore toute l’oeuvre de Tolstoï. Un véritable chef-d’oeuvre. Un vrai souffle. Au-delà du cinéma, une réflexion sur la vie.
Claire
Bande-Annonce:

BANDE ANNONCE ANNA KARENINA 2012

Film réalisé par Joe Wright avec Keira Knightley, Aaron Taylor-Johnson, Jude Law. Sortie en salles depuis le 5 décembre 2012.

Keira-Knightley-in-Anna-Karenina

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