Diana Vreeland: La folie des grandeurs

Après de multiples interprétations (1), parodies, inspirations (2), la légendaire rédactrice de mode Diana Vreeland - des ses propres mots " Je n’étais pas une simple rédactrice de mode, j’étais la seule et l’unique rédactrice de mode"  a enfin eu son biopic. Réalisé par sa petite-fille par alliance  Lisa Immordino Vreeland, à l’aide d’enregistrements, d’interviews, de photos et de témoignages recueillis auprès des plus grands de la mode, ce documentaire-film est très instructif: sur la personnalité de Diana Vreeland, sur l’essor de la mode à cette époque et sur la magie-folie-exubérance- qui habitent ce monde.
Une personnalité hors du commun
Etonnante, décomplexée, exubérante, excessive, fonceuse et presque déconcertante…
Elle naît en 1903 dans le saint des saints, Paris, selon ses propres mots « Pour réussir dans la vie, il faut se débrouiller pour naître à Paris ; le reste va de soi. » 
Durant son enfance, elle côtoie Nijinski, Diaghilev, Buffalo Bill qui lui donne des cours d’équitation dans les Rocheuses… Déjà, une éducation prématurée pour la folie des grandeurs.
Elle fait alors partie de la société mondaine de New-York et se fait remarquer par son élégance et son style. Elle décroche une chronique en 1936 pour le Harper’s Bazaar. Titre:  « Why Don’t You ?… », un appel à l’exubérance mais avec élégance toujours… Elle conseille par exemple à ses lectrices de rincer les cheveux blonds de leurs enfants avec du champagne afin qu’ils demeurent dorés , ou, comme la Duchesse de Kent, de porter trois énormes étoiles en diamant en ‘headband’. Sa chronique est un réel succès malgré la récession qui gronde aux Etats-Unis…Le triomphe du rêve et de l’excès?
C’est alors qu’elle devint éditrice associée du magazine et révolutionne le monde de la mode en laissant libre cours à son imagination, ses ressentis et son flair désormais légendaire.
Flair qu’elle exerça dès 1963, l’année de sa nomination comme rédactrice en chef de Vogue.
Une mode façonnée par l’évolution du monde
Elle pressentit la globalisation de la mode, une mode au croisement de tous les arts et de la société.
Elle mit en vedette dans son magazine de jeunes rockeurs - Mick Jagger "Those lisp, isn’t it great?" – de futurs vedettes de la chanson – Simon&Garfunkel – des mannequins qu’elle façonna stars – Twiggy, Cher, Lauren Bacall.
Elle bouleversa les codes de l’époque militant pour la libération de la femme: le bikini, s’exclamant  « Le  bikini est la chose la plus importante depuis la découverte de la bombe atomique », et le blue-jean, «depuis les gondoles, on n’a rien inventé de mieux».
Le luxe décomplexé
Son souhait: faire des "fashion stories".
Asie, Afrique, Moyen-Orient…Histoires d’amour mises en scène…Personnages historiques ressuscités (Cléopatre, shooting devant les Pyramides). La grandeur et la perfection en toutes choses guidaient son avant-gardisme.
Elle fit de la mode un rêve luxueux, possible, imaginable en organisant les plus extravagants et coûteux shootings de mode à travers le monde entier. Une vision de la mode qui lui valut son éviction du magazine à l’âge de 70 ans: trop dépensière!
C’est alors qu’on lui propose, en 1972, – à son grand soulagement, elle ne pouvait envisager d’être inactive – de redonner de la vie aux costumes du très prisé Costume Institute du Metropolitan Museum. Aussitôt dit, aussitôt fait, elle fait trembler les murs du très poussiéreux musée organisant des soirées avec le tout New York ou encore en consacrant des rétrospectives à des créateurs contemporains:  Yves Saint Laurent, Cristobal Balenciaga.
Elle s’est éteinte en 1989, à l’âge de 86 ans.  Elle reste encore aujourd’hui une visionnaire qui a su façonner la mode à l’image des évolutions du monde. Ne le dit-elle pas elle-même ? "You can see and feel everything in clothes"
Ce qu’on apprend
On peut être très belle rien qu’avec le style.
Sa propre mère l’avait marquée du sceau de la laideur " It’s too bad that you have such a beautiful sister and that you are so extremely ugly and so terribly jealous of her." Elle en fit un de ces plus beaux atouts – sublimer la laideur- C’est elle qui popularisera le nez de Barbara Streisand…
Il est vrai qu’elle n’était pas la plus jolie femme du monde, mais quelle présence, quel charisme, quelle élégance! Elle avait tout compris…
Ce que j’aime énormément
Ses exclamations démesurées et pourtant tellement libératrices
"It’s amaaaaaazing"
"I adoooore"
"It’s extraordinary"
"Isn’t it great?"
"It’s diviiiine"
A adopter sans modération. Pourquoi se priverait-on d’exprimer nos passions? De formidables mots existent pour cela, alors n’ayons pas peur du fantasque!
Avec folie,
Claire
(1) Le personnage « Polly Maggoo » du film de William Klein (1966), Qui êtes-vous, Polly Magoo?
(2) Le personnage qui terrorise les journalistes « Maggie Prescott » du film de Stanley Donen (1957) Drôle de frimousse (Funny Face)


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